La méta-phore

Article rédigé pour IIRHD

La métaphore force l’admiration. La façon dont, par un processus à la fois simple et complexe, on transcende le mot afin de nourrir l’art créatif. Il y a quelque chose de l’ordre de l’intuitif et de l’évidence qui n’apparaît que dans l’après coup.

Lorsque la métaphore est mise au service de l’hypnose, sa puissance thérapeutique apparaît dans toute sa splendeur.

Le métaphorien semble alors devenir une sorte d’objet transitionnel au service de l’inconscient.

Là où l’écrivain couche ses mots sur une feuille blanche, le métaphorien les inscrit sur les pages de l’inconscient, tant le sien que celui des oreilles de l’autre. Certains aiment à penser que c’est de l’inconscient collectif même dont il est question.

Il se produit alors une sorte de réappropration spontanée du sens de chaque mot.

C’est un peu comme si, à peine prononcé, l’inconscient opérait une transfiguration simultanée du sens. Le mot devient un véhicule de symboles dont l’inconscient se nourrit afin de se transcender, un cheval de Troie psychiquement libérateur.

Il charge le mot d’une couleur émotionnelle particulière et se sert de la métaphore comme charge énergétique thérapeutique. Ainsi, l’inconscient se retrouve toujours dans la métaphore comme si elle lui était énigmatiquement, presque magiquement, destinée jusqu’au moindre point, jusqu’à la dernière inflexion.

Pour celui qui la reçoit, il y a cette sensation toute particulière que la métaphore est une émergence de ce qui était en latence aux tréfonds de lui-même, une sorte d’accouchement égotique offert au conscient.

Il n’est pas rare que les mots prononcés par le métaphorien l’amène lui-même à l’étonnement comme s’ils ne lui avaient finalement jamais appartenu.

Il y aurait donc une sorte de connexion entre inconscients dans un processus d’auto-construction métaphorique. Le métaphorien prêterait sa voix aux mots offerts par l’inconscient de l’autre.

La métaphore ne serait alors qu’un prétexte au sens.

Il y a donc quelque chose de l’altérité dans ce processus thérapeutique où chaque protagoniste est engagé et s’en retrouve inexorablement changé.

Tout cela est fascinant.

Rébecca Saintes

Psychologue Clinicienne

Ce contenu a été publié dans publications, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *